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Macbeth = les indispensables de Diapason N°186. 186 / Erich Leinsdorf. 186
Musique audio
Edité par Diapason - 2026
En 1959, Erich Leinsdorf et un cast de rêve rendaient son électricité et sa verve colorée à un drame verdien inspiré de Shakespare. On l’a dit et répété : pour sa Lady Macbeth, Verdi voulait une sale voix, recélant dans son timbre les fêlures de la Machiavel en jupons. Avec Callas, il eût été servi. Hélas, nul ne songea à fixer son incarnation hors norme en studio – il faut se contenter d’un live de 1952 au son précaire, dirigé par De Sabata. Sept ans plus tard, l’ouvrage était enfin gravé dans les conditions techniques optimales, sans Callas, mais avec une soprano qui, pour la névrose du chant, n’a rien à lui envier. Leonie Rysanek possède, à trente-deux ans, toutes les qualités paradoxales qu’appelle le rôle : une tessiture à l’ambitus phénoménal, capable à la fois d’affronter les escarpements les plus dramatiques et de vocaliser dans les passages d’agilité dont ses airs sont parsemés. Ecoutez comment dès le premier (« Vieni ! t’affretta ! ») l’expressionnisme le plus ravageur ne trouble jamais la netteté du dessin mélodique, comment dans le deuxième (« La luce langue ») elle passe en un instant des doutes introspectifs à l’ivresse du pouvoir la plus décomplexée, avec dans l’aigu le métal ardent que faisait déjà resplendir sa Sieglinde d’anthologie ! Et quelle insolence dans son Brindisi, quels accents morbides dans son somnambulisme !